Tout a commencé par la mort du roi Fahd et une série d’incendies sur des unités de production.
Le roi Fahd était à la tête de l’Arabie Saoudite, le premier producteur et exportateur mondial de pétrole.
Un incendie a éclaté sur une plateforme BP en mer du Nord, un autre dans une raffinerie BP au Texas, un troisième dans une installation du groupe Murphy Oil en Louisiane et pour terminer cette série noire en mer d’Oman un incendie avait fait au moins onze morts sur une plate-forme pétrolière indienne.
Bilan au 2 août : record battu, le pétrole dépasse 62 dollars pour la première fois sur le NYMEX.
La flambée continue la seconde semaine d’août sur de nouveaux records proches de 63 dollars. A New York, le baril de ’light sweet crude’ pour livraison en septembre frôle le seuil de 63 dollars lors des échanges électroniques.
Les raisons ?
L’ambassade des Etats-Unis en Arabie saoudite a annoncé qu’elle allait fermer, ainsi que les consulats américains à Djeddah et à Dhahran, à la suite d’informations sur une ’menace’ contre les bâtiments officiels américains.
Rappel : L’Arabie saoudite est le premier producteur d’or noir de l’Opep, avec 9,5 millions de barils par jour (mbj), et le seul pays membre du cartel pétrolier à avoir des capacités résiduelles de production, de l’ordre de 1,5 mbj.
Bilan au 8 août : record battu, le pétrole s’installe à 64 dollars.
Rapporté à ce qu’ils étaient il y a un an, les prix de l’or noir sont en hausse de plus de 40%.
Par rapport à l’été 2003 c’est près de 120 % d’augmentation que nous devons subir.
117% d’augmentation en 2 ans
Les problèmes dans les raffineries américaines continuent de limiter la capacité du réseau à produire assez d’essence pour satisfaire une demande en forte progression.
Autre tension persistante, l’Iran, qui a relancé l’activité, lundi, de son usine de conversion d’uranium d’Ispahan. L’Iran est le deuxième membre le plus influent de l’Organisation des pays exportateurs du pétrole (Opep) après l’Arabie saoudite et aligne une production d’environ 3,9 mbj.
Le creux de l’été n’y fait rien. Toutes les raisons techniques, économiques et politiques se conjuguent pour maintenir la plus forte pression jamais connue sur les prix du baril et les contrats pour livraison en septembre atteignent la barre des 64 dollars le baril de brut.
Du jamais vu !
Le pessimisme l’emporte sur les marchés qui réagissent au quart de tour à la hausse et la situation devient un véritable casse-tête pour les prévisions économiques.
Tout cela en plein vacances !
Bilan au 12 août : Le baril a atteint un nouveau recor, => 66,16 dollars en cours de séance, avant de redescendre à 66,06 dollars.
Le gouvernement français annonce des mesures
Le Premier ministre Dominique de Villepin annonce le 16 août qu’il a demandé à Bercy, dans le cadre de l’élaboration du budget 2006, de "renforcer les crédits d’impôts" existant "en faveur des voitures propres et de l’acquisition de chauffages fonctionnant à partir d’énergies renouvelables".
Dominique de Villepin a déclaré qu’il était opposé à la réactivation de la Taxe intérieure sur les produits pétroliers (TIPP) flottante pour lutter contre les conséquences pour les consommateurs de l’envolée des prix du pétrole.
En France, l’essence est taxée à 74% et le gazole à 67%.
Les Verts et la Fédération nationale des associations d’usagers de transports (FNAUT) se sont élevés contre toute baisse des taxes sur les carburants, estimant qu’il fallait responsabiliser les conducteurs et faire baisser la consommation.
Les média commencent enfin à parler de "nouveau choc pétrolier" à partir du 15 Août.
Stratégie du gouvernement sur de 3 axes :
une politique de relance des investissements énergétiques.
une politique de développement des énergies renouvelables.
la relance de la politique d’économies d’énergies .
Les prix mondiaux du pétrole vont continuer de grimper annoncent des sénateurs russes le 16 août.
Il ne faut pas s’attendre à un ralentissement de la hausse des prix mondiaux du brut, estime-t-on à la chambre haute du parlement russe.
Pour le sénateur Sergueï Ivanov, membre du Comité des marchés financiers et de la circulation monétaire, dès les prochains mois le prix du baril pourrait atteindre la cote record de 70-72 dollars.
En France le Premier ministre Dominique de Villepin promet que les surplus budgétaires entraînés par la hausse du prix des carburants seront redistribués aux Français les plus directement exposés. Il faut néanmoins des mesures d’urgence pour que les professions les plus exposées (routiers, agriculteurs) ne soient pas pris au piège.
La banque américaine Goldman Sachs, revoit ses prévisions de prix et table sur un baril de 67 dollars en moyenne en 2005 à New York, contre 53,50 USD auparavant, et sur 68 dollars en moyenne en 2006, contre 55 dollars auparavant. A plus long terme, elle mise sur un baril de 60 USD, et non plus 45 USD.
L’offre demeurant incertaine, il y a toujours de bonnes chances qu’après leur plongeon, les cours repartent vers les 70 dollars le baril déclarent des experts.
Bilan au 18 août : le baril de brut pour livraison en septembre a clôturé sur une chute de 2,83 dollars à 63,25 dollars.
Les pénuries d’essence menacent de s’étendre en Chine.
Le sud de la Chine est touché par des pénuries d’essence. Des queues de voitures s’allongent de jour en jour devant les stations-essence du Guangdong, la province de Canton. Elles atteignent jusqu’à un kilomètre, provoquant l’exaspération des automobilistes de Shenzhen et Canton.
Acquisition de PetroKazakhstan (société canadienne dont les activités sont situées dans la république d’Asie Centrale) par le géant chinois CNPC, l’approvisionnement en énergie de la Chine passe désormais inévitablement par l’étranger.
Déjà importateur net de pétrole et deuxième consommateur derrière les Etats-Unis, doté de réserves médiocres aux perspectives peu encourageantes, le pays plus peuplé au monde n’a guère le choix avec une économie qui devrait croître encore à plus de 8% l’an au cours des prochaines années.
La Chine a également obtenu d’accéder à un pipeline transsibérien, pour lequel elle était en concurrence sévère avec le Japon, et flirte avec des pays aux ressources largement inexploitées comme la Birmanie et des pays d’Afrique et du Moyen-Orient, tels que le Soudan ou l’Iran.
Le FMI prévient que le pétrole restera cher, menaçant la croissance en Asie
Certains pays d’Asie comme l’Indonésie et les Philippines ont commencé à souffrir des effets du prix du pétrole et les autorités doivent régir pour endiguer l’inflation.
Bilan au 25 août : Le baril pétrole brut dépasse les 68 dollars en Asie.
Thierry Breton, ministre de l’Economie en France : "nous sommes rentrés dans une période de pétrole cher longue".
"Le plus dur est derrière nous", a estimé Thierry Breton sur France-Info. "Nous avons une croissance qui va redémarrer au second semestre", prévoyant "une année 2006 nettement plus porteuse".
Si "la France n’est absolument pas rentrée en récession", "Nous sommes rentrés dans une période de pétrole cher longue, il faut que malheureusement les Français et les Françaises le sachent".
Les nouveaux records du pétrole font chuter depuis trois jours les bourses européennes, inquiétant les financiers qui avaient eu jusqu’ici tendance à relativiser l’impact des prix de l’énergie sur la croissance.
Les rares économies en faible croissance (France, Allemagne, Italie) sont particulièrement pénalisées car elles subissent une augmentation de leurs coûts de production sans possibilité de répercussion sur le consommateur final et les marges des entreprises risquent de souffrir dès le troisième trimestre 2005.
Bilan au 30 août : Le pétrole dépasse les 70 dollars avec l’ouragan Katrina.
Un total de 21 puits et plate-formes pétroliers ont été évacués en raison de l’approche du cyclone.
Le pétrole a dépassé les 70 dollars le baril lundi 29 à l’approche du passage de l’ouragan Katrina, l’un des plus puissants jamais connus par les Etats-Unis, qui a entraîné l’arrêt de la production de pétrole et la fermeture de raffineries.
Le contrat octobre du Nymex gagne 3,88 dollars à 70,01 après avoir inscrit un nouveau record à 70,80 le baril, pulvérisant le précédent de 68 dollars enregistré jeudi dernier.
Les contrats à terme des six premiers mois 2006 ont suivi le mouvement et se situent désormais tous dans la fourchette de 70 à 71 dollars.
L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opec), dont la production approche ses capacités maximales depuis près d’un an, a exprimé dimanche 29 août ses inquiétudes concernant la flambée des cours, en hausse de 61% depuis le début de l’année. L’Opep ne dispose quasiment plus d’aucun recours pour freiner les cours.
Le seul moyen d’éviter une nouvelle escalade des cours est le déblocage par le président Bush d’une partie des réserves stratégiques de pétrole.
En Iran, le champ pétrolier de Nowruz de 90.000 bpj exploité par Royal Dutch/Shell a fermé en raison de problèmes techniques, a annoncé samedi un responsable iranien du secteur.
En Equateur, où la production est revenue à la normale après avoir été perturbée par une semaine de manifestations, les protestataires ont menacé dimanche de reprendre leur mouvement d’ici 48 heures si les groupes pétroliers n’acceptent pas d’accroîtent leurs investissements locaux.
Troisième choc pétrolier : nous y voilà
L’envolée des prix du pétrole depuis le début 2002 est d’une amplitude supérieure à celle des chocs pétroliers de 1973 et de 1979/80.
La hausse du prix du baril WTI (brut léger américain), avait été de 160% lors du premier choc pétrolier de 1973, selon les calculs réalisés par les économistes de la banque HSBC CCF.
Les cours du brut avaient un peu plus que doublé (+108%) lors du second choc pétrolier.
Depuis le début 2002, ils ont déjà triplé (+196%) et manifestement ce n’est pas fini, et pour longtemps.
Si le choc actuel est ressenti comme moins brutal, c’est principalement parce qu’il s’est étalé sur une période de temps plus longue : 43 mois cette fois-ci à comparer à dix mois en 1979/1980 et à 9 mois en 1973.
Nous reviendrons, bien sûr, dans les prochains jours sur ce sujet brûlant, dans l’intervalle bonne rentrée à toutes et tous et... bon courage
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117% d’augmentation en 2 ans
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