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Accueil du site > Magazine > Archives > 2008 > 1er trim 2008 > Edito > L’offre des automobiles agrocarburants s’étoffe
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![]() Mais la production actuelle des agrocarburants, appelés à tort biocarburants, est loin d’avoir un bilan environnemental et social satisfaisant.
Comme nous pouvons le constater sur le salon de l’automobile de Francfort, la plupart des constructeurs proposent des véhicules, qu’ils voudraient nous présenter comme une alternative énergétique durable, appelés FlexiFuel chez les uns BioFlex ou BioDiesel chez les autres.
En tant que consommateur, c’est nous qui avaliserons le développement de ce type de véhicules. Mais encore faut-il les acheter en connaissance de cause.
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La production des agrocarburants peut se faire à partir d’un ensemble de techniques variées. La filière huile produit du biodiesel, la filière alcool produit du bioéthanol, la filière gaz produit du biogaz et la filière carburants solides qui produit du charbon de bois. La filière huile
La filière alcool
La filière gaz (pétrole brut de synthèse)
La filière charbon de bois (carburants solides)
Les filières de deuxième génération
Bilan environnemental et social des agrocarburantsLe bilan environnemental des agrocarburants dépend de la filière considérée et du type d’agriculture pratiquée (agriculture intensive, agriculture biologique, etc.). Pour un bilan environnemental sérieux, il faut tenir compte de l’impact des engrais et des pesticides utilisés, de la consommation en eau qui peut être très importante pour certaines espèces végétales, de l’impact sur la biodiversité quand d’immenses zones de cultures remplacent des forêts. Le bilan C02 des agrocarburants n’est donc pas neutre compte tenu de l’énergie nécessaire à leur production et ceci même si les plantes puisent le carbone qui les constitue dans l’atmosphère : il faut tenir compte de l’énergie investie pour la production des engrais, du carburant utilisé par les engins agricoles pour la culture et la récolte, aux transports des produits obtenus, et enfin à la consommation énergétique au niveau de toutes les étapes du processus permettant l’obtention du carburant. La filière HVP (Huile Végétale Pure, ou HVB : Huile Végétale Brute) a un meilleur bilan que la filière biodiesel. Les agrocarburants peuvent aussi avoir des conséquences sociales importantes sur les pays du Sud, la culture de agrocarburants pour les pays du Nord étant bien plus rentable que l’agriculture destinée à nourrir les populations locales. La production d’agrocarburants nécessite d’importantes surfaces cultivables. Selon Jean Marc JANCOVICI, Ingénieur Conseil spécialiste des émissions des gaz à effet de serre, il faudrait par exemple cultiver 118% de la surface totale de la France en tournesol pour remplacer l’intégralité des 50Mtep de pétrole consommés chaque année (juste) par les Français dans les transports (104% de la surface nationale avec le Colza, 120% avec la betterave et 2700% avec le blé). Malgré leurs avantages, les agrocarburants ne semblent donc pas pouvoir être une solution miracle qui nous permettrait de continuer de consommer autant de carburant qu’aujourd’hui. Certains espèrent y voir une solution transitoire en attendant la mise en place de nouveaux modes de transport. En dédiant une partie ou l’ensemble des terres actuellement en jachère à la culture oléagineuse (bien que les jachères soient souvent nécessaires au "repos" de la Terre), il est d’ores et déjà possible d’inclure un certain pourcentage de HVP dans les réservoirs de nos véhicules. La modification technique pour des taux inférieurs à 30% étant très simple, cette solution est applicable dès aujourd’hui. Cependant, au même titre que la déforestation, l’utilisation des jachères comme support pour des cultures pourvoyeuses de biocarburants est génératrice de nuisances. Sous les latitudes tempérées (Europe, Amérique du nord), ces jachères servent de refuge et d’abri à des espèces végétales et animales menacées par l’agriculture intensive. Parmi ces plantes se trouvent les orchidées. Ces dernières ont besoin pour réaliser leur cycle vital d’un sol non labouré pendant plusieurs années consécutives et ne peuvent se développer si cette condition n’est pas remplie. Les jachères abritent également de nombreuses espèces d’oiseaux de plaine. L’outarde canepetière, le courlis cendré, l’alouette des champs, pour n’en citer que quelques unes, connaissent aujourd’hui un fort déclin du fait de la modernisation agricole. Ces oiseaux utilisent les parcelles en jachères pour se reproduire en y installant leurs nids au sol mais ont beaucoup plus de difficultés à nicher dans des parcelles cultivées. En conséquence, la reconversion de l’ensemble des actuelles jachères en cultures à biocarburants porterait un coup fatal à toutes ces espèces. Le Réseau Action Climat est sceptique quand à l’intérêt des biocarburants et met en avant les conséquences écologiques de la déforestation. La déforestation en Malaisie et en Indonésie pour planter des palmiers à huile, et au Brésil pour planter de la canne à sucre (filière éthanol) nuit très sérieusement au bilan environnemental des biocarburants classiques. Selon l’ONG Via Campesina la deforestation pourrait conduire à rendre les biocarburants pire que le pétrole qu’ils remplacent. Pour en savoir plus :
Recherches apparentées :
Recherches constructeurs :
Sources :
Clean@uto.com
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24 mai à 07h15
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