Vous êtes ici : 
Accueil du site > Magazine > Archives > 2011 > 2e trim 2011 > Edito > Hausse du prix du pétrole : ça va continuer à cause de facteurs techniques !


2e trim 2011
Edito
Hausse du prix du pétrole : ça va continuer à cause de facteurs techniques !
A la une
Urgent et important : L’appel de Fukushima
General Electric se prépare à devenir le leader mondial en matière de mobilité électrique
Le groupe LG fournisseur de batteries pour plusieurs constructeurs dont Ford et GM
Durable.com lance un dossier sur la voiture électrique
Dossiers du mois
- jeudi 7 avril 2011
Hausse du prix du pétrole : ça va continuer à cause de facteurs techniques !

Photos
De grandes difficultés pour extraire le brut, le vieillissement des installations existantes entraînent la hausse des coûts de production

Une seule image résume la situation : le cours du baril de brut au début d’avril 2011, illustrant la tendance haussière installée depuis juillet 2010.


Image JPEG - 84.3 ko
Prix du brut à New-York 01-04-2011

Publicité






















Les prévisions pour l’année 2011 tablent sur des prix supérieurs à 100 $ le baril pour le second semestre 2011 (Goldman Sachs 14/12/2010)

En plus de la situation géopolitique instable (c’est le moins qu’on puisse dire !) au Moyen Orient, de l’augmentation de la demande du Japon (à cause de Fukushima), plusieurs facteurs conjugués expliquent cette nouvelle envolée du brut

- Une demande en croissance soutenue

La demande a retrouvé ses niveaux d’avant la crise de 2008 et pourrait les dépasser en 2011 (88.1 million b/jour d’après Wood Mackenzie Ltd.) Cette demande est fortement soutenue par celle des pays émergents comme la Chine et l’Inde

Image JPEG - 63 ko
Production et consommation - Chine & Inde

clic dans les vignettes d’images pour les agrandir

- Des découvertes en baisse

Les découvertes sont en forte régression depuis plusieurs années et la situation ne s’inverse pas malgré les moyens technologiques gigantesques déployés.



Image JPEG - 72.8 ko
Le déclin des découvertes depuis 1964


Des coûts de production en hausse

L’exploitation des ressources est de plus en plus onéreuse et demande des investissements de dizaine de milliards de dollars par exploitation, deux exemples : l’offshore profond et les nouvelles unités de production en Arabie Saoudite


1 - Offshore profond
les conséquences de l’explosion de la plate-forme pétrolière Deepwater Horizon dans le Golfe du Mexique en avril 2010 impliquent la mise en place de mesures de sécurité qui touchent l’industrie dans son ensemble.
 La commission US chargée d’enquêter sur les causes de la catastrophe a préconisé le 11 janvier 2011 la création d’une agence indépendante chargée de la sécurité de l’exploitation offshore.

Image JPEG - 137.4 ko


Le rapport des experts ne mâche pas ses mots : "les causes immédiates de l’explosion peuvent être trouvées dans une série d’erreurs identifiables de la part de BP, Halliburton et Transocean, qui révèlent de tels manquements dans la gestion des risques qu’il y a de quoi douter de la culture de sécurité de l’industrie toute entière".
Dossier de 380 pages en téléchargement ici : The Gulf Oil Disaster and the Future of Offshore Drilling - Report to the President - National Commission on the BP Deepwater Horizon

2 - Les nouvelles unités de production en Arabie Saoudite
Avant, quand il était léger et abondant pour produire du pétrole il fallait des derricks ou des pompes comme sur ces images :

Image JPEG - 205.9 ko
source : © Saudi-Aramco
Image JPEG - 225.3 ko
source : © Saudi-Aramco


Désormais, y compris en Arabie Saoudite, le premier producteur mondial, détenant les réserves les plus importantes, les nouvelles unités de production, comme celles situées sur la champ pétrolier de Khurais doivent injecter des centaines de milliers de mètres cube d’eau sous pression par jour, cette technique étant rendue indispensable par la structure du réservoir.

Image JPEG - 118.9 ko

C’est donc un pipeline qui amène l’eau de mer, à 160 km dans le désert pour extraire le pétrole.

Image JPEG - 991.2 ko
source : © Saudi-Aramco

De nos jours voici à quoi ressemble un champ pétrolier : Khurais Arabie Saoudite - mis en production en 2009 - 1,2 million de baril/jour

Image JPEG - 918.4 ko
Khurais - source : © Saudi-Aramco


Image JPEG - 928.4 ko
Khurais - source : © Saudi-Aramco

C’est un chantier pharaonique, sur des km2, dont l’échelle est comparable avec le chantier d’extraction dans les sables bitumeux de l’Alberta canadien. Pour produire, ce gisement doit être constamment sous pression et génère des coûts de production élevés, impliquant un prix de vente beaucoup plus élevé par rapport au passé.

Image JPEG - 698.9 ko
Khurais - source : © Saudi-Aramco


Image JPEG - 945.8 ko
Khurais - source : © Saudi-Aramco



Vieillissement des installations et pyramide des âges du personnel

Un autre facteur, rarement explicité, influe également sur les investissements nécessaires pour continuer à produire du pétrole : le vieillissement des installations existantes et la pyramide des âges du personnel qualifié intervenant actuellement dans l’industrie.
Celui à qui nous devons cette analyse a été l’un des experts les plus écoutés du secteur. Matthew R. Simmons, décédé le 8 août 2010 Il fut président et directeur exécutif de l’une des banques d’investissement pétrolier les plus importantes du monde, la Simmons & Company International.

Image JPEG - 198.5 ko

Lors de ses dernières conférences il soulevait un point crucial : le système de production et de transport pétrolier est malade. Il est affecté par le vieillissement des employés et un dépérissement des installations de raffinage et de transport touchées par la rouille.

Ces deux facteurs conjugués rendent nécessaires, des investissements difficilement imaginables car il est indispensable , d’après Matthew Simmons, de remplacer progressivement 80 % des installations existantes : « Replacing even 80% of global delivery system of oil will be more costly and complex than fighting WWII or Marshall Plan.Total cost might exceed $100 trillion. »

Conclusion


Si nous prenons en compte toutes ces informations orientant à la hausse le baril de brut dans une projection de prix pour les deux prochaines années, cela nous entraîne vers de nouveaux sommets du prix de l’énergie.
La tendance est claire et soutenue comme le montre le graphique ci-après.

Image JPEG - 196.6 ko

Pour en savoir plus

- Nous vous conseillons la lecture de l’excellent article de Jean Laherrère paru dans la revue Futuribles, n° 373 d’avril 2011
Les perspectives pétrolières et gazières

Jean Laherrère reprend la plume dans Futuribles, à l’occasion d’un nouveau numéro spécial consacré à l’énergie et au climat, pour faire le point sur les perspectives d’évolution de la production de pétrole et de gaz dans le monde.

Il commence par rappeler combien les informations en la matière demeurent politiques et peu fiables selon les sources, les unités de mesure utilisées, etc. Il souligne aussi que pour beaucoup d’experts, le peak oil a été atteint en 2006 et que nous sommes donc en haut du plateau, juste avant le déclin (progressif ou brutal selon que seront prises ou non des mesures de contraintes économiques) de la production pétrolière.

La production de gaz, elle, devrait plafonner vers 2025-2030 : Jean Laherrère précise quelles sont les réserves, les modes d’exploitation et de commercialisation existants, et les perspectives de production en découlant à plus long terme (il montre aussi combien se sont révélées fausses, jusqu’ici, les prévisions relatives à l’évolution du prix du gaz).

Comme insiste l’auteur en conclusion, pour le pétrole comme pour le gaz, il faut prendre conscience que le monde ne dispose pas de ressources infinies et que, les alternatives ne permettant pas, pour l’heure, de compenser les manques à venir en termes de ressources énergétiques, c’est désormais aux individus de se préparer à l’entrée dans l’ère de la sobriété énergétique...
Résumé complet de l’article et accès à la revue Futuribles ici


- une autre source d’informations très pertinentes sur le pétrole : le blog de Matthieu Auzanneau

Oil Man, chroniques du début de la fin du pétrole


- article de La Tribune.fr du 07 avril 2011
Un baril de pétrole à 130 dollars cette année, voire à 150 dollars, croissance affectée, risque de récession... C’est l’hypothèse catastrophe d’une enquête Reuters menée auprès de "traders".
Article intégral ici : Un baril de pétrole à 150 dollars ?


clic dans les images pour les agrandir
Prix du brut à New-York 01-04-2011
Production et consommation - Chine & Inde
Le déclin des découvertes depuis 1964
source : © Saudi-Aramco
source : © Saudi-Aramco
source : © Saudi-Aramco
Khurais - source : © Saudi-Aramco
Khurais - source : © Saudi-Aramco
Khurais - source : © Saudi-Aramco
Khurais - source : © Saudi-Aramco
Sources : Alain Giaccone


A lire aussi
Archives mag

Publicité