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![]() Par Noah Barkin
Suivant l’exemple récent de British Airways et de Lufthansa, Air France KLM et l’israélienne El Al ont à leur tour relevé mercredi leurs tarifs pour compenser les coûts occasionnés par la flambée des cours du pétrole.
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Alors que le baril de brut léger américain, livraison septembre établissait un nouveau plus haut au-dessus de 47 dollars, Air France a annoncé une hausse de la "surcharge" introduite en mai au moment où ce même contrat venait de franchir la barre des 40 dollars. Elle s’échelonnera entre deux euros par vol sur les liaisons domestiques et trois euros pour les moyen-courrier (Europe et Afrique du Nord) jusqu’à 12 euros pour les long-courrier à l’exception des vols vers les départements d’outre-mer, où elle sera limitée à dix euros. Ces augmentations entreront en vigueur le 24 août. Pour la filiale néerlandaise KLM, rachetée cette année par Air France, le supplément sera en moyenne de trois euros. El Al a annoncé pour sa part qu’elle relèverait ses prix de 5% à compter de septembre puis de 7% en novembre. Le kérosène représente entre 10 et 20% des coûts opérationnels des compagnies aériennes, ce qui explique que leurs titres soient malmenés en Bourse à chaque poussée de l’or noir. Mercredi, British Airways cédait ainsi 2,49% à 215 pence, Lufthansa 0,76% à 9,21 euros mais contre la tendance, Air France gagnait 2,85% à 12,61 euros. CITIGROUP N’EST PLUS A L’ACHAT La compagnie a annoncé qu’elle supprimerait les hausses annoncées mercredi matin dès que le cours du baril repassera sous 35 dollars pendant 30 jours consécutifs. Vers 16h20, le baril américain, livraison septembre, se traitait à 47,00 dollars, juste sous son nouveau plus haut de 47,20 dollars, et celui de la Mer du Nord (Brent) à 43,03 dollars. La dernière poussée de l’or noir a amené la banque d’affaires Citigroup Smith Barney à revoir en forte baisse ses prévisions de résultats pour les grandes compagnies aériennes européennes pour l’année en cours, de 30% en moyenne pour le résultat d’exploitation et de 60% pour le résultat net. L’intermédiaire, qui fonde ses nouvelles prévisions sur un baril de Brent à 40 dollars jusqu’à la fin de l’année et à 37 dollars l’an prochain, a au passage abaissé à "conserver" sa recommandation sur Air France, contre "achat" précédemment. "Les compagnies les plus faibles le deviendront encore plus", prédit Andrew Light, l’analyste de la banque. Selon lui, les compagnies qui devraient s’en sortir le mieux en Europe sont celles qui ont une plus grande proportion de vols long-courrier, de fret et de "premium trafic" (classe affaires) dans leur activité, tout particulièrement British Airways et Lufthansa, dans leur activité. "BAIN DE SANG" Mais les surcapacités existantes dans le secteur des vols de loisirs ou des court et moyen courrier rendent la situation plus délicate en Europe même, d’autant plus que les compagnies à bas coût comme Ryanair et easyJet, de plus en plus concurrencées sur leur segment, n’ont pas caché qu’elles n’avaient aucune intention d’imposer des surtaxes. Dès juin, Ryanair brandissait le spectre d’un "bain de sang" pour la saison d’hiver à venir, auquel seules les compagnies "à plus bas coût" pourraient survivre. Pour Citigroup, les turbulences risquent d’accentuer les difficultés de compagnies comme Alitalia et Swiss, dont le nouveau directeur général a annoncé mardi qu’il passerait en revue l’ensemble des liaisons, notamment en Europe, au départ de Bâle, Genève et Zurich. L’accélération de la hausse des cours du brut ces dernières semaines a pour effet d’amoindrir l’impact des politiques de couverture mises en place par les compagnies. Air France avait ainsi annoncé en mai que 72% de ses besoins en kérosène étaient couverts à un prix moyen de 25 dollars le baril. La compagnie en avait profité pour réitérer son objectif de progression significative de son résultat d’exploitation pour l’exercice en cours non sans ajouter qu’il pourrait être compromis si le cours du Brent dépassait 33 dollars le baril en moyenne sur l’année, chaque hausse d’un dollar du kérosène occasionnant un surcoût de 20 millions d’euros. Recherches apparentées :
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Rédacteur :
François Deoun
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21 mai à 13h46
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