Le changement climatique est responsable, même en Allemagne, d’une augmentation de la fréquence des nuits tropicales, c’est-à-dire des nuits où la température nocturne ne descend pas en dessous des 20 degrés Celsius. Ce phénomène est particulièrement marqué dans les grandes agglomérations, comme l’a vérifié l’équipe du Prof. Scherer : alors que les espaces non bâtis ne captent que 5% de l’énergie solaire, les villes en emprisonnent dès le matin 50%, cette valeur descendant toutefois à 25-30% au cours de la journée. La nuit, les façades restituent cette chaleur et empêchent le refroidissement attendu après le coucher du soleil.
Dans les situations extrêmes, il peut faire, au centre ville, jusqu’à 8 degrés de plus qu’en périphérie, on peut alors parler d’îlot de chaleur urbain (ICU). A l’inverse des surfaces bétonnées, les parcs et les espaces verts ne stockent que peu de chaleur et humidifient l’atmosphère grâce à une évaporation importante, réduisant ainsi fortement la température ambiante. L’équipe du Prof. Scherer s’est particulièrement intéressée aux toitures végétalisées : alors qu’ils constituent généralement de bons refroidisseurs, les toits verts lorsqu’ils sont secs deviennent de véritables pièges à énergie solaire et redistribuent davantage de chaleur à l’air ambiant que la même surface en béton. Ainsi, les espaces verts permettent de refroidir les nuits urbaines tant qu’ils sont suffisamment irrigués. Il est toutefois à noter que cette fraîcheur ne peut être transmise que dans un rayon de 300 mètres et que seules les maisons situées à moins de 100 mètres du parc profitent d’un vent frais nocturne. Il apparaît donc clair que plus d’habitations pourraient profiter de ce coup de frais si les réseaux de petits espaces verts d’au moins 1 hectare étaient préférés aux grands parcs.
En outre, le refroidissement n’étant pas optimal lorsque l’air frais dégagé par les surfaces vertes ne peut pas circuler, il est important de concevoir des parcs à végétation variée, associant prés mais aussi arbres et arbustes afin que l’air frais puisse y tourbillonner.
Ainsi les climatologues de la TUB appellent les urbanistes à introduire davantage de petits espaces verts aux paysages urbains, tout en leur assurant un approvisionnement en eau suffisant, afin de faire face aux périodes de sécheresse que les évolutions climatiques laissent présager.
Rédacteurs : Anaïs Manin
Pour en savoir plus
Prof. Dr. Dieter Scherer - TU Berlin, Fachgebiet Klimatologie am Institut für Okologie, Rothenburgstr. 12, D12165 Berlin
tél : +49 30 314 71356
email : Dieter.Scherer@TU-Berlin.de
D’après :
Dépêche idw, communiqué de presse de la TUB - 28/08/2007
Cette information est un extrait du BE Allemagne numéro 350 du 30/08/2007 rédigé par l’Ambassade de France en Allemagne. Les Bulletins Electroniques (BE) sont un service ADIT et sont accessibles gratuitement sur www.bulletins-electroniques.com