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Accueil du site > Magazine > 4e trim 2011 > Edito > La production du bioéthanol de deuxième génération a commencé dans l’usine pilote du projet FUTUROL
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Les agrocarburants de deuxième génération sont-ils vraiment une étape alternative aux combustibles fossiles en attendant la généralisation de nouveaux modes de transport propre ?
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Haro sur les agrocarburants de la première génération.John Lipsky [1] a estimé en mai 2008 que le développement des agrocarburants serait responsable à 70% de la hausse des prix du maïs et 40% de celle des graines de soja. « Dans le même temps, les prix du pétrole auraient probablement été plus élevés en l’absence des agrocarburants ce qui rend compliqué tout jugement d’ensemble », a souligné John Lipsky.
Les agrocarburants de la première génération, utilisant la canne à sucre, le soja, le maïs, ou le manioc, entrent en concurrence avec les cultures alimentaires. A la différence de la jatropha qui fait également beaucoup d’émules chez les agriculteurs reconvertis en négociants de biocarburants.
Marche arrière touteLes agrocarburants ont fait l’objet d’une politique de soutien active en France, en Europe et dans le monde. Dans le cadre de leur stratégie visant à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre d’au moins 20% d’ici à 2020 par rapport à 1990, les pays de l’Union européenne voulaient que les agrocarburants représentent au moins 10% de la consommation totale d’essence et de gazole dans les transports européens. La législation américaine prévoit que d’ici 2022, environ un quart de la consommation actuelle du pays soit assurée par des agrocarburants. « Les objectifs ambitieux en matière de production de agrocarburants que se sont fixés les Etats-Unis et l’Union européenne sont irresponsables », a exprimé Olivier de Schutter, le nouveau rapporteur spécial de l’ONU sur le droit à l’alimentation interrogé par le journal Le Monde le 2 mai 2008. Depuis, l’arbitrage entre sécurité alimentaire et sécurité énergétique se fait jour : le développement des agrocarburants doit être plus sélectif, pour parer les crises alimentaires, mais reste une option face au changement climatique, ont jugé mardi 6 mai 2008 à Athènes des responsables de l’UE et du programme des Nations-Unies pour l’environnement (UNEP), lors d’une conférence sur la sécurité énergétique et le changement climatique. Des agrocarburants plus performants.Reste à développer des solutions plus viables. Le consensus en Europe et aux États-Unis est le suivant : cap sur la deuxième génération d’agrocarburants , produits à partir de la cellulose et la lignine contenues dans le bois ou dans les parties non comestibles des végétaux, et pause sur les agrocarburants de première génération, trop nocifs sur le plan de la sécurité alimentaire. Vive la deuxième génération ?
En volume d’autre part, les résidus agricoles sont limités sur la planète. L’enjeu prioritaire des agrocarburants est donc celui de la productivité. Or pour l’instant, les rendements énergétiques de ces carburants deuxième génération restent très bas. Il faudra attendre au moins une dizaine d’années avant de passer à une production en quantité industrielle. Lancement, le 11 octobre 2011, d’un pilote européen de production de bioéthanol de deuxième générationLa société PROCETHOL 2G a lancé le projet FUTUROL, en septembre 2008, porté par 11 partenaires [2], acteurs de référence de la recherche, de l’industrie et de la finance. Ce projet vise le développement et la commercialisation d’un procédé complet de production de bioéthanol de 2ème génération à partir de plantes entières ou de biomasse lignocellulosique.
Ce qui rend ce projet unique, c’est la volonté de développer un procédé durable intégrant une grande variété de matières premières c’est- à-dire l’utilisation de matières premières diversifiées (plantes entières, bois, coproduits et résidus) et qui soit adaptable notamment en fonction de la zone géographique où il sera mis en œuvre (territoire, climat) mais également selon les saisons. L’objectif pour les futurs sites de production est d’être capable de s’approvisionner en matières premières dans un rayon de 50km, quelle que soit sa localisation, limitant ainsi l’impact environnemental. Labellisé par le Pôle de Compétitivité à vocation mondiale Industries et Agro-Ressources (IAR), le projet FUTUROL nécessite un investissement global de 74 millions d’euros au total et a reçu le soutien d’OSEO pour un montant de 29,9 millions d’euros. L’objectif du projet est de mettre sur le marché un procédé, des technologies et des produits (enzymes et levures), avec pour ambition de constituer une véritable filière éthanol deuxième génération, permettant d’atteindre les résultats suivants :
La mise au point des agrocarburants de 2ème génération issus de la biomasse lignocellulosique (résidus agricoles et forestiers, résidus verts urbains, plantes dédiées...) constitue un défi mondial majeur. La possibilité de valoriser tous les composants de la plante facilite l’équilibre avec les cultures alimentaires. En s’engageant dans ce projet ambitieux, les partenaires, dont certains sont déjà impliqués dans la production de agrocarburants depuis de nombreuses années, prennent part à un enjeu majeur pour le 21ème siècle, avec la perspective des premières réalisations industrielles aux alentours de 2015-2020. Les travaux s’appuieront en particulier sur l’expérience acquise au travers de la production actuelle de bioéthanol (dite de première génération) que viendra compléter cette nouvelle génération en devenir. « Leader en Europe, le projet FUTUROL s’inscrit dans la dynamique gouvernementale du Grenelle de l’Environnement. Parmi les mesures opérationnelles figure la volonté d’intensifier la R&D et d’accélérer la mise en place de pilotes industriels sur les agrocarburants de deuxième génération », déclare Dominique Dutartre, Président de PROCETHOL 2G. Il répond également aux orientations de l’Union Européenne incitant au développement de filières de production de agrocarburants durables et respectueuses de l’environnement. Pour en savoir plus :
Agrocarburants Biocarburants de 2e génération : où en est la recherche ? Recherches apparentées :
Recherches constructeurs :
Notes :
[1] Econoniste et financier américain, premier directeur général adjoint du Fonds monétaire international (FMI). Du 15 mai 2011 au 5 juillet 2011, il a assumé par intérim les fonctions de directeur général du FMI. [2] Les membres du consortium PROCETHOL 2G :
Rédacteur :
Daniel Giaccone
Sources :
Projet FUTUROL Procethol 2G
,
IFPEN
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20 juin à 07h24
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