Par Cédric MATHIOT et Tonino SERAFINI
Seul représentant de l’UDF au gouvernement, Gilles de Robien en est aussi le souffre-douleur budgétaire. Le budget de son ministère (Equipement, Transports, Logement et Tourisme) est le plus maltraité de tous.
Ses crédits sont en baisse avec 19,85 milliards d’euros prévus pour 2004 contre 20,73 milliards cette année. Soit une diminution de 4,2 % en euros courants. Si l’on tient compte de l’inflation (+ 1,5% prévu l’an prochain), la baisse des moyens de son ministère atteint environ 1,2 milliard d’euros. Ces chiffres proviennent de Bercy. Mais une décision de Bruxelles permet à Gilles de Robien de sauver les apparences. Une partie des crédits dévolus à Réseau ferré de France, qui ne figurait pas dans les précédents budgets, devra désormais être « budgétisée », exige l’Union européenne. Ce qui augmente artificiellement le périmètre du ministère de 1,5 milliard d’euros alors que ses moyens réels sont bel et bien à la baisse. Parmi les économies les plus voyantes : les subventions aux transports urbains sont supprimées en dehors de l’Ile-de-France. Ce que le ministère choisit de nommer « réforme du financement des transports collectifs régionaux ». Détail amusant, le ferroutage cher à Raffarin récolte 8 petits millions d’euros, qui permettront tout juste de subventionner une expérimentation à travers les Alpes. Seul secteur réellement épargné : la sécurité routière, « grand chantier » présidentiel. L’effort portera sur la mise en place de dispositifs automatiques de contrôle de vitesse.
Les crédits consacrés à l’habitat sont durement touchés. La crise du logement qui sévit dans la plupart des grandes agglomérations, avec à la clé des hausses vertigineuses des loyers et des prix des transactions, ne semble pas inquiéter le gouvernement. Les crédits de l’accession à la propriété sont amputés sans ménagement : 552 millions d’euros sont prévus pour le prêt à taux zéro contre 771 millions dans le budget précédent. Conséquence : seulement 80 000 foyers modestes pourront bénéficier d’une aide pour acheter leur logement en 2004 alors qu’ils sont habituellement au nombre de 100 000 par an. Les lignes budgétaires dévolues à la construction et à la réhabilitation de HLM sont aussi à la baisse. L’Anah (Agence nationale pour l’amélioration de l’habitat), qui finance la réhabilitation de logements privés anciens, n’est pas davantage épargnée. « Du jamais vu depuis cinquante ans », commentait hier un spécialiste du logement qui veut croire que « Raffarin aura un jour ou l’autre à rendre compte de cette provocation ».
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