"Les compagnies qui refusent cette transparence se rendent complices de la
confiscation des revenus issus des ressources naturelles au détriment de la
population", a indiqué à l’AFP Michel Yoboué, responsable de "Publiez ce que
vous payez", une coalition d’associations luttant contre la corruption et pour
la bonne gouvernance (PCQVP).
"Les montants payés au gouvernement doivent être affectés au développement
réel de la Côte d’Ivoire, une situation qui créé un environnement économique
favorable", a souligné M. Yoboué.
"L’argent du pétrole détourné ou gaspillé exacerbe les divisions sociales
menant à une défaillance de l’Etat et au conflit", a-t-il déploré.
La production pétrolière ivoirienne, la première dans la zone de l’Union
économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA, 8 pays) a atteint 80.000
barils/jour en 2006, selon PCQVP et un récent rapport de l’UEMOA.
Les exportations pétrolières ont également progressé de 43% à la même
période rapportant 1.515 milliards de FCFA (2,3 milliards d’Euros), selon eux.
En mai dernier, le ministre ivoirien de l’Economie, Charles Diby Koffi a
indiqué : "le pétrole ne nous donne pas encore la manne financière qu’on croit
avoir", estimant à 115 milliards de FCFA (175 millions d’euros) la part des
revenus pétroliers dans les recettes totales du pays.
"Nous sommes à un niveau moyen de production de 40.000 à 50.000
barils/jour", avait précisé M. Diby, en soulignant que "les 80.000 b/j
annoncés officiellement n’ont jamais été atteints".
Le ministre avait indiqué alors que la production ivoirienne avait grimpé
de 50,7% en 2006, soit une moyenne de 60.000 b/j sur cette période, sans
toutefois préciser le montant des revenus pétroliers affectés au budget.