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Accueil du site > Pollution > Une situation critique > L’air dans les villes > Archives > 2003 > Etude épidémiologique Erpurs 1987-2000
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![]() Evaluation des Risques de la Pollution Urbaine sur la Santé (confirme le lien entre la pollution et la mortalité à Paris)
Mis en place à la suite de l’épisode de pollution
de janvier-février 1989, le programme Erpurs
présente aujourd’hui une étude rétrospective sur
plus de dix années de données. Ce programme,
co-financé par de nombreux partenaires dont
l’Etat et le Conseil Régional d’Ile de France a
permis de montrer les liens entre la pollution
atmosphérique urbaine de fond et la santé en Ile
de France.
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Erpurs est une étude épidémiologique de type écologique. Son principe est de mettre en relation les variations temporelles à court terme d’un indicateur de l’état de santé de la population avec celles d’un indicateur de l’exposition de cette même population à la pollution atmosphérique. La modélisation statistique réalisée permet d’estimer un risque pour la santé lié à un niveau de polluant ambiant en tenant compte des cofacteurs connus. Les indicateurs de pollution étudiés sont les niveaux de fond de dioxyde d’azote (NO2), d’ozone (O3), de fumées noires, de particules fines et de dioxyde de soufre (SO2). Les indicateurs sanitaires retenus sont le nombre de décès et d’hospitalisations pour différents types de maladies. Les objectifs de l’étude Erpurs 1987-2000Les travaux publiés précédemment, en 1994 sur la période 1987-1992, et en 1998 sur la période 1991- 1995 ont permis de montrer les liens existant entre pollution atmosphérique et santé en Ile de France. Ces résultats ont abouti à la mise en place d’un système de surveillance épidémiologique de la pollution atmosphérique et de son impact sanitaire avec pour objectif une meilleure information de la population, des décideurs et de la communauté scientifique.Aujourd’hui, cette nouvelle publication Erpurs actualise l’évaluation des effets sur la santé de la pollution atmosphérique à partir de l’analyse de données sur une période allant de 1987 à 2000. Comme lors des études précédentes, l’impact de la pollution est mesuré après avoir tenu compte de l’ensemble des facteurs de confusion susceptibles d’agir sur les indicateurs sanitaires étudiés. On suppose que pour un jour donné, la population est exposée de façon homogène aux différents polluants sur l’ensemble de la zone d’étude. Cette zone comprend Paris et la proche couronne (Hauts-de- Seine, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne). La zone géographique de mesure des polluants est la même que celle de recueil des données d’hospitalisations et de mortalité. L’analyse s’attache à rechercher les liens existants entre le nombre de décès ou le nombre d’hospitalisations se produisant chaque jour et les niveaux de pollution du jour et de la veille. Les données environnementalesLes indicateurs de pollutionLa région parisienne a été dotée dès les années 60 de réseaux de surveillance de la qualité de l’air, exploités par les laboratoires de la Ville de Paris (LHVP) et de la Préfecture de Police (LCPP). Depuis 1979, la mise en place de l’association AIRPARIF contribue à une modernisation des équipements et à une diversification des indicateurs de pollution mesurés. Ce nouveau dispositif intègre partiellement les réseaux existants et permet la télétransmission des données. Le réseau de mesures est amélioré d’année en année, en conformité avec les normes européennes et en préservant les impératifs de continuité de la surveillance des mesures. La pollution atmosphérique est appréciée qualitativement et quantitativement par le mesurage de différents polluants considérés comme des indicateurs de pollution. Seuls les niveaux enregistrés dans les stations dites "de fond" (non situées à proximité des sources d’émission) sont retenus. Les niveaux de dioxyde d’azote, de fumées noires, de particules fines et de dioxyde de soufre sont évalués au moyen de la concentration moyenne sur 24h en microgrammes par mètre cube (µg/m3, Tab. 1). Les niveaux d’ozone sont évalués par la plus élevée des moyennes mobiles sur 8h consécutives pour une journée donnée, en µg/m3 (Tab. 1). Les données sanitairesLa mortalitéLes nombres de décès quotidiens entre 1987 et 1998 ont été fournis par le CépiDC (INSERM). Trois catégories de décès ont été distinguées, selon leurs causes : Sur l’ensemble de la période d’étude, le nombre de décès toutes causes non accidentelles a diminué au cours du temps, de même que le nombre de décès pour causes cardio-vasculaires, tandis que le nombre de décès pour causes respiratoires a légèrement augmenté. Tableau 1 : Niveaux de pollution de fond pour la période 1987-2000 (en µg/m3) :
Sur l’ensemble de la période d’étude, seuls les niveaux de dioxyde d’azote et d’ozone ont augmenté au cours du temps. Les niveaux de particules fines ont varié sans que l’on puisse dégager de tendance nette, tandis que les niveaux de dioxyde de soufre et de fumées noires ont diminué. Les principaux cofacteurs La morbidité Là encore, ces affections ont été retenues afin de rester cohérent avec l’état des connaissances scientifiques actuelles dans le domaine des relations entre la pollution atmosphérique et les admissions hospitalières. La méthode d’analyse statistiqueLa méthode utilisée a bénéficié des améliorations apportées au cours d’études nationales (PSAS-9) et européennes (APHEIS). L’objectif de cette méthode est d’étudier les liens entre deux séries temporelles : la série des niveaux quotidiens de polluant, et la série des nombres quotidiens d’événements sanitaires. Il faut cependant aussi prendre en compte les facteurs de confusion qui pourraient biaiser la relation entre ces deux séries de données.Le modèle utilisé pour étudier les liens entre pollution
et indicateurs sanitaires est construit étape par étape,
en prenant en compte :
Les effets du polluant sur la variable sanitaire peuvent alors être quantifiés. Une exposition nulle au polluant étant peu réaliste, la valeur de base retenue pour les calculs de risque est le niveau de polluant non dépassé au cours des 18 jours les moins pollués de l’année (Tab. 1). L’augmentation (en pourcentage) du nombre de décès ou d’hospitalisations est calculée pour une augmentation du polluant du niveau de base (P5) à un niveau médian (niveau atteint ou dépassé la moitié des jours de l’année, P50, Tab. 1). Chaque polluant doit être considéré comme un indicateur de pollution, représentant ses effets propres, mais aussi ceux des polluants émis ou formés avec lui. Les résultatsL’étude Erpurs pour la période 1987-2000 montre des liens significatifs entre la plupart des indicateurs de pollution et des variables sanitaires étudiées.Ainsi, lorsque l’on passe d’un niveau de polluant de
base (niveau non dépassé au cours des 18 jours les
moins pollués de l’année, cf. Tab. 1) à un niveau
médian (niveau atteint ou dépassé la moitié des jours
de l’année, cf. Tab. 1), on observe des augmentations
pouvant aller jusqu’à :
Toutes ces augmentations sont statistiquement significatives, et les même types de liens sont retrouvés pour la plupart des polluants, des maladies étudiées et des classes d’âges. SynthèseLes liens entre indicateurs de pollution et mortalité sont davantage marqués pour les causes spécifiques (respiratoires et cardio-vasculaires) que pour la mortalité totale.En ce qui concerne les hospitalisations pour maladies respiratoires, dont l’asthme, les effets sont plus marqués chez les enfants de moins de 15 ans. Les relations les plus importantes apparaissent avec les particules (particules fines et fumées noires) et le dioxyde d’azote. En Ile de France, ces deux polluants ont pour principale source la circulation routière. Cette troisième étude Erpurs montre à nouveau l’existence de liens entre indicateurs de pollution et indicateurs sanitaires. La méthodologie employée ici prend en compte les différents facteurs de confusion, et les sources majeures de biais sont contrôlées. Il ne semble donc pas que la validité des résultats obtenus puisse être remise en cause. Compte tenu de la nature même de l’analyse réalisée,
la causalité des relations observées n’est pas
évidente. Un certain nombre d’arguments plaident
cependant en faveur d’un rôle causal à court terme de
la pollution atmosphérique :
Les objectifs de qualité pour 2010 définis par le décret
du 15 février 2002 représentent pour le dioxyde
d’azote une diminution du niveau moyen de 20% par
rapport au niveau enregistré en 2000 (moyenne : 51
µg/m3, objectif de qualité : 40 µg/m3). Des liens significatifs sont aussi observés avec les autres polluants (dioxyde de soufre, particules, ozone), même s’ils sont quantitativement moins importants. Ainsi, une diminution, même minime, du niveau de ces polluants entraînerait des bénéfices pour la santé, en terme de diminution de la mortalité anticipée et de la morbidité. Il est à noter que cette étude ne prend pas en compte les effets à long terme de la pollution atmosphérique sur la santé, qui sont au moins aussi importants. Cette étude s’inscrit dans le système de surveillance épidémiologique de la qualité de l’air, mis en place depuis 1995 par le programme Erpurs. A l’époque, cette étude était la première en France à mettre en évidence les effets de la pollution atmosphérique urbaine sur la santé. Depuis, ces résultats ont été confirmés et précisés au cours des publications successives. La présente étude, portant sur la totalité des données disponibles à ce jour a permis de réactualiser et d’approfondir encore l’analyse. Compte tenu des résultats obtenus, il convient de poursuivre à des rythmes plus fréquents l’évaluation des risques pour la santé liés aux niveaux de pollution en milieu urbain et à leur évolution pour informer la population sur la relation pollution-santé, aider les décideurs à concevoir les actions de prévention, proposer des valeurs de référence locales pour la protection de la santé et enfin orienter la surveillance métrologique d’un point de vue de santé publique. Dans le contexte actuel des préoccupations de plus en plus importantes du public tant pour les problèmes liés à la santé que pour ceux liés à la qualité de l’environnement, le programme Erpurs pour l’Ile de France se doit de constituer un système d’alerte performant, au service de politiques de prévention chaque fois mieux adaptées, et en synergie avec les demandes du même type au niveau national et international. Recherches apparentées :
Recherches constructeurs :
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21 mai à 13h46
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