"Ce n’est pas parce que la médiation est finie qu’il n’y a plus du tout de discussions, a dit la source. Les canaux de communication entre Fiat et GM restent ouverts."
Le titre Fiat a grimpé à un plus haut de séance de 5,955 euros à cette nouvelle, avant de terminer à 5,94 euros, en hausse de 2,2%. Le titre GM à New York cède 0,7% à 17h20 GMT.
Le ministre italien de l’Economie Domenico Siniscalco a ensuite confirmé l’information. "Le gouvernement surveille le secteur automobile avec la plus grande attention mais n’interférera pas tant que les groupes négocient", a-t-il dit lors d’un point de presse à Londres, où se tient la réunion des ministres des Finances et banquiers centraux du Groupe des Sept.
Les syndicats et les médias de la Péninsule ont émis l’idée que le gouvernement de Rome puisse aider Fiat Auto en prenant éventuellement une participation au cas où la branche automobile serait séparée du reste du conglomérat industriel fondé par la famille Agnelli. Mais plusieurs ministres ont souligné que l’option n’était pas sur la table.
Vendredi, Savino Pezzotta, chef de la confédération Cisl, a jugé qu’il était temps que l’Etat intervienne.
"Le vrai problème de Fiat est de savoir comment se libérer de General Motors, de savoir s’il peut relancer son plan industriel et quelles nouvelles alliances il pourrait conclure en Europe", a-t-il estimé.
D’AUTRES ALLIANCES ?
Depuis longtemps, l’administrateur délégué de Fiat Sergio Marchionne fait valoir que son alliance avec GM, qui comprend deux coentreprises, empêche Fiat de conclure des accords avec d’autres constructeurs qui lui permettraient d’économiser de l’argent et de relancer ses ventes.
Une période de médiation de 30 jours, prévue par l’accord d’alliance conclu en 2000 entre les deux groupes, s’est achevée mardi soir sans que Fiat et GM parviennent à un compromis sur l’option de vente de Fiat Auto à GM.
Fiat s’estime désormais libre d’exercer cette option à tout moment entre aujourd’hui et 2010, ce qui obligerait le numéro un mondial à racheter les 90% de Fiat Auto qu’il ne possède pas.
GM conteste la validité de l’option en arguant des modifications de périmètre et de l’augmentation du capital de Fiat Auto intervenues depuis l’accord de 2000.
Les investisseurs s’étaient attendus à ce que le constructeur américain verse 1,8 milliard d’euros pour annuler l’option et éviter une longue procédure devant les tribunaux.
Luigi Gubitosi, directeur financier de Fiat, a par ailleurs rencontré vendredi à Milan les banques créancières du groupe mais pour parler stratégie plutôt que du dossier General Motors.
Les banques ont accordé à Fiat un crédit de trois milliards d’euros en 2002 qui peut être converti en actions à partir de septembre si Fiat ne rembourse pas la somme entre-temps, ou ne modifie pas les termes de l’accord.
L’option put de GM a servi à gager cet emprunt, avaient dit les banques à l’époque.