Pierre Gadonneix a précisé - en marge d’une réception offerte par le Premier ministre français Jean-Pierre Raffarin, au deuxième jour de sa visite à Saint-Pétersbourg - qu’il avait signé cet accord avec le président de Gazprom, Alexeï Miller.
"Nous avons décidé d’approfondir notre partenariat sur tous les thèmes où nous avons des intérêts communs", a-t-il dit.
Il a cité le développement de nouvelles ressources, de nouvelles infrastructures, de nouvelles techniques et du marché, l’"optimisation des coûts de transport", ainsi que de l’utilisation du gaz, pour "éviter son gaspillage".
"Nous nous sommes fixé un calendrier ambitieux pour examiner d’ici la fin de l’année des modalités de partenariat sur tous ces sujets, qui peuvent être des contrats, des filiales communes, des investissements communs", a-t-il expliqué.
Pour ce faire, un "comité de coopération" coprésidé par Jean-Marie Dauger, directeur général adjoint de GdF, et le numéro deux de Gazprom, est mis en place.
La coopération dans le domaine énergétique constituera le principal thème du prochain séminaire gouvernemental franco-russe, qui se tiendra en octobre à Moscou.
GdF, un des principaux acheteurs de gaz européens, et Gazprom, plus grand fournisseur du monde, entretiennent des relations d’affaires et de coopération depuis plus de 25 ans. Le gaz russe représente 25% des approvisionnements de GdF.
Les deux groupes ont décidé en avril de prolonger jusqu’à 2015 un contrat d’approvisionnement de huit milliards de m3 de gaz par an par Gazprom à GdF (environ un milliard d’euros).
"ESSOR REMARQUABLE" DES RELATIONS FRANCO-RUSSES
"Ça a été un choix délibéré, politique, des deux côtés", a souligné Pierre Gadonneix. "Nous avons une vision commune sur la manière de concevoir la relation de long terme entre fournisseurs et utilisateurs de gaz naturel."
"Nous sommes convaincus que le gaz naturel va avoir une part croissante dans le bilan énergétique mondial et européen, que le gaz russe va avoir un rôle croissant et que, pour financer des investissements gigantesques d’infrastructure, il faut des contrats à long terme", a-t-il ajouté. "Le marché spot, de court terme, à lui seul, ne peut pas assurer la sécurité de l’approvisionnement de l’Europe."
Le PDG de GdF a souligné que cette vision était "partagée" par les gouvernements russe et français.
Dans le cadre du 300e anniversaire de la fondation de Saint-Pétersbourg, GdF et Gazprom ont parrainé une exposition d’oeuvres du peintre Nicolas de Staël au musée de l’Ermitage, rassemblant des tableaux jamais exposés puisque provenant de collections privés.
GdF et Gazprom ont contribué chacun à hauteur de 60.000 euros à cette manifestation. "C’est un clin d’oeil à l’amitié franco-russe", a commenté Pierre Gadonneix.
Jean-Pierre Raffarin a visité cette exposition avant de rencontrer la quinzaine de parrains français des festivités du tricentenaire de Saint-Pétersbourg.
Lors d’une réception au Palais de Marbre, sur les bords de la Neva - un palais offert par l’impératrice Catherine II à un de ses amants-, le Premier ministre français s’est de nouveau réjoui de relations bilatérales franco-russes "qui connaissent un essor remarquable".