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Berlin - vendredi 3 janvier 2003
Les Allemands de plus en plus pessimistes sur l’économie

par Nick Antonovics
Les Allemands se sont montrés encore plus pessimistes le mois dernier sur les perspectives économiques, même s’ils sont légèrement plus disposés à consommer, selon une enquête publiée vendredi par la société d’études de marché GfK.
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Cette société de Nuremberg constate que les augmentations d’impôts annoncées, la montée du chômage et la perspective d’une attaque contre l’Irak ont encore assombri l’humeur des consommateurs, alors que plane la menace d’une grève générale du secteur public, une situation sans précédent depuis dix ans pour la première économie européenne.

GfK note que ces craintes ont notamment pour conséquence d’inciter les Allemands à plus d’assiduité au travail, ce que semble confirmer une statistique du ministère de la Santé citée par les médias selon laquelle les arrêts-maladie sont tombés en 2002 à leur plus bas depuis dix ans, les salariés craignant, semble-t-il, de perdre leur emploi.

"Pour les mois à venir, nous pouvons au mieux espérer un faible niveau de confiance parmi les consommateurs, écrit GfK. Les augmentations d’impôts et la faiblesse du marché du travail empêcheront une amélioration durable de la confiance des consommateurs, probablement au moins jusqu’au milieu de 2003."

Le 1er janvier a été marqué en Allemagne, pour la cinquième année consécutive, par une augmentation des prix de l’essence, de 2,5%, et du tabac.

De plus, la presse a fait ses gros titres d’une prévision de l’automobile club ADAC qui a dit craindre que la hausse des cours du brut sur le marché international ne fasse encore monter les carburants d’ici quelques semaines à des niveaux encore jamais atteints.

Une enquête réalisée en décembre auprès de 1.007 Allemands par l’institut de sondage Forsa, pour le compte du groupe de conseils financiers AWD (Xetra : 508590.DE - actualité) , a montré que 60% d’entre eux s’attendaient à avoir moins d’argent cette année.

LES ALLEMANDS ROUCHES AU PORTEFEUILLE

L’indice GfK des attentes des consommateurs est tombé en décembre de moins 25,7 à moins 26,5, un niveau qu’il n’avait plus connu depuis novembre 2001, lorsque le pays était plongé dans une légère récession.

Cependant, l’indice calculé par cette société d’études pour mesurer la propension des ménages à dépenser s’est repris à moins 42, après avoir chuté en novembre à un plus bas historique de moins 55,4. Tout en restant également dans le négatif, les anticipations pour les revenus se sont aussi un peu améliorées.

Néanmoins, l’indice GfK de janvier du climat de la consommation, calculé à partir de l’enquête réalisée en décembre auprès de 2.000 consommateurs et des chiffres recueillis les mois précédents, a reculé à 4,5 après 5,1 en décembre, ce qui semble confirmer que la consommation restera faible en Allemagne en ce début d’année.

Outre le manque de confiance ambiant, l’augmentation des prélèvements sociaux, pour les caisses de retraite et l’assurance santé, risque fort de freiner aussi la consommation.

L’Allemagne a compté en novembre 4,161 millions de chômeurs, en données corrigées des variations saisonnières, un niveau record pour ces quatre dernières années, et l’on prévoit généralement une nouvelle augmentation pour décembre, dont la statistique est attendue jeudi.

Il n’y a donc rien d’étonnant à ce que les ventes au détail se soient essoufflées depuis déjà plusieurs mois et que le groupe de distribution Metro (Xetra : 725750.DE - actualité) ait affirmé que la situation de son secteur d’activité n’avait jamais été aussi mauvaise depuis la guerre.

"Les Allemands pourront s’estimer heureux si l’année dernière se solde par une croissance (du PIB) de 0,25%", a déclaré cette semaine l’économiste David Brown, chez Bear Stearns.

"Cela pourrait s’améliorer à 0,75% cette année, mais il est inutile d’espérer une forte reprise, a-t-il ajouté. Le manque de confiance des consommateurs pèsera sur l’économie allemande."

Malgré les importantes promotions du commerce en fin d’année, les premiers chiffres disponibles réunis par la fédération des petits commerçants HDE montrent que leurs ventes (non corrigées de l’inflation) ont baissé de 2,5% en 2002 par rapport à 2001, ce qui est sans précédent depuis la fin de la guerre.

Cette fédération professionnelle vient d’abaisser ses prévisions pour 2003, anticipant un recul nominal du chiffre d’affaires de 1,5%, a déclaré vendredi son secrétaire général Holger Wenzel. Fin octobre, la fédération tablait sur un recul de 0,5%.

Holger Wenzel a imputé cette détérioration à l’impact de la hausse de la fiscalité sur la confiance du consommateur et a ajouté ne pas entrevoir d’amélioration dans un avenir proche.

"On n’a pas encore touché le fond", a-t-il dit. "Je ne crois guère à un retournement de situation avant l’automne".

Du coté de la grande distribution, Elmar Kratz, porte-parole de KarstadtQuelle , le premier groupe européen de grands magasins et de vente par correspondance a déclaré : "Beaucoup de gens ont franchi les portes de nos magasins mais ils ont fait leurs achats avec prudence, en tirant le meilleur parti de nos rabais".


Rédacteur : François Deoun
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