Les livraisons commenceront au premier semestre de l’exercice débutant en avril.
MMC, dont les ventes ont chuté depuis le scandale provoqué par la dissimulation de défauts sur ses véhicules, fournit déjà 20.000 utilitaires légers par an à Nissan.
Il s’est refusé à tout commentaire sur ses entretiens en cours avec Nissan, deuxième constructeur automobile du Japon, sur la constitution d’une coentreprise de production de petits véhicules.
MMC doit présenter à la fin janvier un plan de redressement qui reposera vraisemblablement sur la fourniture de véhicules à d’autres constructeurs et de nouveaux apports de capitaux par les sociétés du groupe Mitsubishi.
D’après la presse, le constructeur de matériel mécanique Mitsubishi Heavy Industries, la société de courtage Mitsubishi et la banque Mitsubishi Tokyo Financial ont l’intention d’apporter à MMC une nouvelle aide financière de 150 à 200 milliards de yens pour subventionner la mise au point de nouvelles voitures et réduire sa dette.
Les sociétés du groupe comptent également demander aux institutions financières d’ouvrir de nouvelles lignes de crédit à MMC, pour un montant total de 400 milliards de yens, d’après l’édition de samedi du quotidien Yomiuri Shimbun.
MMC avait déjà bénéficié en mai d’une injection de 496 milliards de yens.
Ces informations ont provoqué lundi une montée en flèche du titre MMC en Bourse de Tokyo. Avant l’annonce de la livraison à Nissan, l’action a clôturé en hausse de 10,2% à 162 yens, niveau qu’elle n’avait plus atteint depuis le 14 juillet dernier. Nissan a clôturé en baisse de 0,79% à 1.126 yens, et l’indice Nikkeï a cédé 0,79% à 1.126 yens.
MMC est le seul constructeur automobile déficitaire du Japon. Il se heurte à la méfiance du public pour avoir continué de taire les défauts de ses véhicules, pratique à laquelle il s’était engagé en 2000 à mettre un terme.
Sa crise financière s’est aggravée en avril dernier, lorsque son ancien actionnaire majoritaire DaimlerChrysler AG a renoncé à y injecter des fonds et réduit sa participation à moins de 25%, contre 37% précédemment.
D’après les analystes, les mesures d’assistance financière et les accords de partenariat avec des concurrents ne suffiront pas à résoudre les problèmes de MMC, dont les ventes ont plongé de 41% en 2004.
"Ce n’est pas l’argent qui compte. La société doit clairement indiquer sa stratégie et envisager des mesures pour rétablir son image de marque, sinon, les ventes continueront de chuter", déclarait l’analyste d’une société de courtage japonaise sous le couvert de l’anonymat.
D’après la presse, MMC négocierait également la livraison de 40.000 à 50.000 4x4 par an à PSA Peugeot Citroën. Tout en reconnaissant la tenue d’entretiens sur d’éventuelles coopérations, le groupe français a toutefois indiqué que rien n’avait été conclu et qu’il ne s’agissait pas d’un rapprochement capitalistique.