"Pas encore. L’Opep doit être unanime pour prendre une décision", a déclaré Purnomo, qui est aussi le ministre indonésien du Pétrole, à des journalistes qui lui demandaient si le cartel était parvenu à une décision.
L’Organisation des pays exportateurs de pétrole se réunit le 3 juin à Beyrouth pour débattre de sa politique de production et de la proposition de l’Arabie saoudite, son plus gros producteur, de relever le plafond officiel de pompage de 2,5 millions de barils par jour (bpj) au maximum, pour le porter à 26 millions de bpj.
L’Arabie saoudite, seul membre de l’Opep disposant d’importantes surcapacités de production, a clairement laissé entendre qu’elle augmenterait sa propre production d’environ 700.000 bpj, quelle que soit l’issue de la réunion de Beyrouth.
Certains membres de l’Opep s’opposent à un relèvement trop important des quotas, craignant qu’il ne provoque un effondrement des cours.
L’Iran, deuxième producteur de l’organisation, a ainsi estimé que toute hausse de la production devait être "prudente, limitée et temporaire".
La semaine dernière, Purnomo avait jugé que l’Opep devrait sans doute augmenter son plafond de plus de 10% pour espérer pouvoir faire baisser le cours du baril, actuellement proche de 40 dollars sur le marché américain.
Le président de l’organisation avait expliqué que celle-ci étudiait trois possibilités de relèvement du plafond officiel en tenant compte du fait que ses membres pompaient déjà 2,3 millions de bpj au-dessus de leurs plafonds respectifs.
Le Venezuela, seul membre latino-américain du cartel, a pris parti pour un nouveau plafond de production officialisant la surproduction actuelle, qu’il estime à 2,5 millions de bpj par rapport aux plafonds actuels.
Les marchés londonien (IPE) et new-yorkais (Nymex) du pétrole sont fermés lundi pour cause de jour férié. A Tokyo, le contrat à terme sur le brut a gagné 2,32% lundi à 22.890 yens les 1.000 litres, un cours correspondant à environ 33 dollars le baril.
Les intervenants s’attendent à une nouvelle poussée des cours mardi à la réouverture des marchés anglo-saxons, la prise d’otages meurtrière du week-end sur le terminal pétrolier saoudien d’Al Khabor ayant ravivé les craintes liées à la vulnérabilité de l’approvisionnement du marché mondial.