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![]() Après la décision de Matra d’arrêter la production pour le constructeur automobile
Par Jean-Michel Bélot Renault a renoncé mercredi à l’Avantime après la défection de son partenaire Lagardère qui a décidé d’arrêter la production pour le constructeur automobile de ce véhicule haut de gamme, tirant ainsi les conséquences de son échec commercial. Publicité
Alors que Renault espérait initialement vendre 60.000 Avantime sur toute la durée du programme, soit environ 10.000 par an, seulement un peu plus de 5.000 exemplaires de ce véhicule aux formes audacieuses ont été commandés depuis sa commercialisation en octobre 2001. Destinée à une clientèle aisée mais plus décalée et plus jeune que les aficionados des voitures allemandes haut de gamme, l’Avantime a subi notamment de plein fouet l’éclatement de la bulle internet, qui a vu des fortunes disparaître aussi rapidement qu’elles s’étaient créées. "En décembre 2002, contre toutes les prévisions les plus pessimistes, le niveau moyen des commandes de l’Avantime était de quinze véhicules par jour. Malgré le plan de relance et l’offre complète de la gamme qui a fait remonter quelque peu les ventes, elles sont restées loin des prévisions fixées pour assurer l’avenir de la voiture", a souligné Lagardère dans un communiqué. Ces derniers temps, seulement 30 véhicules sortaient chaque jour des chaînes de la filiale Matra Automobile à Romorantin. Renault a réagi un peu plus tard en annonçant qu’il tirait les conséquences de la décision de Lagardère et qu’il ne relancerait pas la production de ce véhicule. "Nous ne reprendrons pas la production. Un transfert de ces installations a été jugé hors de propos pour des questions de coûts", a déclaré à Reuters un porte-parole du groupe, ajoutant également que l’Avantime utilisait des technologies propres à Matra difficilement transférables. L’usine de Romorantin (Loir-et-Cher) de Matra Automobile avait perdu une grande partie de son activité lorsque Renault a rapatrié, l’an dernier, la production de l’Espace dans sa propre usine de Sandouville (Seine-Maritime), à l’occasion de la sortie de la quatrième génération de ce monospace. L’arrêt de la production de l’Avantime se traduira par la fermeture dans les semaines qui viennent des portes de l’usine de Romorantin. Matra emploie actuellement plus de 900 salariés. * Dans un communiqué, Nicole Fontaine, ministre déléguée à l’Industrie a déclaré que "le reclassement des personnels de Matra Automobile est une priorité à laquelle le gouvernement est particulièrement attaché". UN PASSE AUTOMOBILE PRESTIGIEUX Le groupe Lagardère, désormais centré sur les médias, entend se retirer complètement de la construction automobile, soldant ainsi un passé prestigieux remontant à la victoire à la fin des années 60 et au début des années 70 des bolides de Matra aux 24 heures du Mans et en Formule 1. Matra Automobile continuera de survivre sous la forme d’un simple bureau d’études et assurera également, tout comme Renault, le service après-vente de l’ancienne Espace et de l’Avantime. L’abandon de l’Avantime écorne sérieusement l’image haut de gamme de Renault, qui cherche grâce à une image différente à percer sur ce créneau lucratif où il est présent à travers deux autres véhicules : l’Espace et la Vel Satis, plus cossue que l’Avantime mais aux lignes également tourmentées. "Je crois qu’il faut bien voir que, dès le départ, Avantime a été conçu comme un véhicule de niche", observe toutefois le porte-parole de Renault. "En terme de stratégie de haut de gamme, Renault s’appuie sur l’Espace et Vel Satis, qui est un véhicule appelé à s’implanter durablement", ajoute-t-il. "Il y a eu un apport très net d’Avantime sur la créativité mais on ne considère pas que cela remettra en cause notre politique haut de gamme", déclare le porte-parole de Renault. Du côté de Lagardère, le groupe avait déjà pris ses distances avec Renault, en cédant lundi sa participation de 1,3% dans le capital du groupe de Louis Schweitzer. Une décision qui faisait elle-même suite à la démission quelques jours plus tôt de Jean-Luc Lagardère du conseil d’administration du groupe automobile. En 2002, le chiffre d’affaires du pôle automobile de Lagardère avait accusé une baisse de 31,4% à 782 millions d’euros. Lagardère avait engagé des discussions avec plusieurs repreneurs industriels et financiers potentiels, dont l’équipementier allemand Albert Weber, sur Matra Automobile. Mais, de source industrielle, on indiquait également mercredi que ces discussions avaient échoué et qu’il n’y avait donc plus de repreneurs potentiels. De sorte que l’arrêt de l’Avantime se traduira par l’ouverture d’un plan "de sauvegarde de l’emploi" dans les établissements de Romorantin et Pissaloup. Un Comité central d’entreprise est prévu le 5 mars prochain alors que des réunions d’information ont eu lieu ce mercredi avec les représentants du personnel concerné. Le titre Renault a clôturé mercredi en baisse de 2,80% à 36,82 euros tandis que Lagardère cédait 1,1% Recherches apparentées :
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Rédacteur :
François Deoun
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18 mai à 12h52
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