"L’évolution des devises est censée refléter les fondamentaux économiques. Mais ce n’est pas ce que fait leur évolution récente et la hausse du yen est allée trop loin", a déclaré lors d’une conférence de presse le patron du premier constructeur automobile japonais.
"Si cela ne concerne que le court terme, je ne perçois pas vraiment d’impact. Mais si cela continue, cela deviendra un problème sérieux", a-t-il ajouté.
La devise japonaise a atteint la semaine dernière son plus haut niveau en trois ans face au dollar, ce qui suscite des interrogations chez les investisseurs quant aux perspectives de résultats de certains grands exportateurs tels que Toyota ou Honda Motor.
En août, les exportations de l’industrie automobile japonaise ont diminué en août à 339.401 véhicules, soit une baisse de 3,4% par rapport à août 2002, d’après les chiffres publiés lundi par la Fédération de l’industrie automobile japonaise. Exprimée en dollars, la baisse est de 1% à 6,97 milliards.
Mais si l’on ne considère que le marché automobile nord-américain, qui est le plus important du monde, le recul est particulièrement spectaculaire : les exportations japonaises y ont chuté en août de 25,7% à 112.069 véhicules. Pour les seuls Etats-Unis, la baisse est de 24,4% à 99.179.
Pour ses prévisions de l’exercice en cours, qui s’achèvera le 31 mars, Toyota table sur un taux de change de 115 yens pour un dollar. Le billet vert s’échangeait lundi à raison d’environ 111,3 yens.
La conférence de presse de Fujio Cho a eu lieu dans l’après-midi, c’est-à-dire pendant que la Bourse de Tokyo était encore ouverte. Toyota, qui s’échangeait alors à 1,77%, a accentué sa baisse et terminé sur un recul de 2,06%. Plus lourdement touché, Honda a chuté de 4,7%.